Pourquoi les changements sont si difficiles… même quand ils sont positifs?
Pour un esprit TDAH, les transitions — qu’elles soient petites (passer d’une tâche à une autre) ou plus globales (comme le passage de l’hiver au printemps) — peuvent générer une réelle turbulence intérieure.
Le TDAH est aujourd’hui compris comme un trouble de l’autorégulation affectant les fonctions exécutives, notamment la capacité à initier, arrêter et transférer l’attention (Barkley, 2015).
Concrètement, une transition demande au cerveau de quitter un état mental, d’en construire un nouveau et de mobiliser rapidement de l’énergie — un processus particulièrement exigeant pour un cerveau TDAH (Brown, 2013).
Même en période stable, plusieurs personnes avec un TDAH rapportent :
- Une difficulté à passer d’une tâche à une autre
- Une résistance intérieure
- Une fatigue mentale
Ces manifestations sont bien documentées et liées à des différences dans les réseaux neuronaux impliqués dans l’attention et la régulation émotionnelle (Castellanos & Proal, 2012).
Pourquoi les transitions amplifient ces sensations?
Lors des transitions, ces difficultés ne disparaissent pas — elles s’intensifient. Le cerveau doit traiter davantage d’informations, ajuster ses priorités et tolérer l’incertitude, ce qui augmente la charge cognitive et émotionnelle.
Certains chercheurs parlent également de dysrégulation motivationnelle, expliquant pourquoi le passage d’un état à un autre peut devenir particulièrement difficile (Sonuga-Barke & Castellanos, 2007).
La transition hiver → printemps
Le changement de saison ajoute une couche supplémentaire : augmentation de la lumière, modification des rythmes circadiens et hausse de la stimulation environnementale.
Ces facteurs influencent directement l’attention, l’humeur et l’énergie, comme le montrent les recherches sur l’impact de la lumière sur le cerveau (Vandewalle et al., 2009).
Ce que j’observe chez mes clients
Plusieurs de mes clients me partagent en ce moment une forme de fébrilité : plus d’énergie, mais difficile à canaliser, une agitation diffuse, et une difficulté à maintenir le focus.
Plutôt qu’un manque de discipline, cela reflète un système nerveux en phase d’ajustement.
Ces périodes ne sont pas un problème à corriger, mais un passage à accompagner. Avec les bons outils d’autorégulation, il devient possible de traverser ces transitions avec plus de fluidité et de clarté.
Références
- Barkley, R. A. (2015). Attention-Deficit Hyperactivity Disorder: A Handbook for Diagnosis and Treatment.
- Brown, T. E. (2013). A New Understanding of ADHD in Children and Adults.
- Castellanos, F. X., & Proal, E. (2012). Large-scale brain systems in ADHD.
- Sonuga-Barke & Castellanos, F. (2007). Spontaneous attentional fluctuations in ADHD.
- Vandewalle, G. et al. (2009). Light as a modulator of cognitive brain function.